Le Slam, un art infiniment profond

Journal du mercredi 11 mai 2022
Ce matin, je me suis rendu à l’exposition de production de texte de slam. Et si au début je ne ressentais pas tant d’intérêt à l’égard de ce projet, il est certain que j’ai été agréablement surpris. La raison de mon scepticisme était la suivante : « se pouvait-il que de simples écrits d’élèves de mon âge provoquent en moi un quelconque engouement, ou plaisir? » Et bien oui.

Ces textes, poétiques et philosophiques, ont su embellir cet art, cet outil divin qui a parcouru l’histoire de l’humanité : l’Ecriture. Certains avaient décidé d’écrire sur un ton plus humoristique tout en gardant une forme très musicale, comme Maxime Brousset élève au lycée général et technologique de Philippe Cousteau qui commence par ces quelques vers :

« Je ne sais pas slamer
Mais je sais jouer à la play
Le weekend à 14h
J’allume la play
Je lance r6 direct. »

D’autres sont restés sur une ligne plus stricte tout en se délimitant des, parfois ennuyeuses, règles de la poésie. Comme Anne, élève au lycée Saint-John Perse qui entame ce texte par ces 6 premiers magnifiques vers:

« Moi aussi, je veux,
Briller à travers les mots
Cracher des mots à flots
Sublimer les mots, les rendre beaux
Susciter le chaos qui résonne en ces mots
Brûler le lambeau de mes maux. »

Je ne pourrai faire part de tous les textes, mais ce projet a été parfaitement entrepris par tous les élèves.

En face des textes de slam se trouvait un autre projet d’écriture, qui a su bouleverser mon âme de lecteur poète, et de tous les autres festivaliers qui ont croisé l’œuvre du talentueux Majes-T du lycée Brive-la-Gaillarde. Parmi plusieurs écrits, un a particulièrement retenu mon attention jusqu’à me faire verser une larme. Un poème intitulé, « Ecrire » qui fait partie du projet « Trouver une raison de vivre »: « Moi aussi je veux écrire, écrire quelque chose de beau, quelque chose de triste. Parce qu’avoir l’esprit meurtri par l’envie de pleurer chaque soir, c’est triste ». Ainsi continue le texte, sur des vers profonds, à la fois mélancoliques et gais.

 

Naoki